CULTURE

 

  

 

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LES FÊTES

Enfants de Niakh Niakhal lors du Tamkharit

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La lutte sénégalaise

LE SPORT TRADITIONNEL

La lutte sénégalaise (LAMB en Wolof) est le sport traditionnel le plus populaire au Sénégal.

 

Sport de contact : le lutteur peut, à la fois donner des coups et s'adonner à un corps à corps pour terrasser son adversaire. La lutte sénégalaise avec frappe intègre en plus de sa dimension sportive, une dimension culturelle et folklorique qui s'anime au travers de nombreux rituels mystiques : chant de bravoure, cérémonies pour conjurer le mauvais sort, danses traditionnelles agrémentées de talismans, de gris-gris...

Un périmètre est délimité sous forme de cercle. Le premier qui met ses 4 appuis au sol, qui se couche sur le dos ou qui sort du cercle en tombant est déclaré perdant par l'arbitre... Ce sport est devenu au fil du temps un sport professionnel qui attire de plus en plus de jeunes.

LES "TALIBES"

Les "talibés" sont des élèves de la vie

 essentiellement des garçons entre 4 et 14 ans, apprenant le Coran.

Confiés par leurs parents à des Marabouts en vue de leur donner une éducation coranique, ces jeunes garçons doivent en contrepartie assurer quelques tâches domestiques et/ou financières. Levés aux aurores pour apprendre les versets du Coran dans les "daaras" ("école coranique"), ils parcourent ensuite des kilomètres, allant de porte en porte, pour quémander une ou deux pièces, de la nourriture ou des vêtements.

On les reconnait facilement car ils ne portent, en général, pas de chaussure et tiennent à la main leur "sébile" (petit récipient long et creux qu'utilisent les mendiants) matérialisée par une grosse boite de concentré de tomate ou de Nescafé.

Certains Marabouts malveillants exploiteraient leurs élèves, voyant que la mendicité peut leur rapporter gros. Mais cela est une autre histoire...


Alors, si vous croisez un "Talibé" ne le repoussez pas sous prétexte que ses vêtements ne sont pas reluisants. Sachez que cet enfant, loin de sa famille, a plus de mérite et de courage que n'importe lequel d'entre nous. Prenez-le plutôt par la main et amenez-le jusqu'à la supérette du coin pour lui acheter un pain, une part de vache qui rit, une banane, une bougie ou du riz...

S'il sonne à votre porte, ouvrez-lui votre maison afin de lui offrir un bon petit déjeuner complet et de remplir sa sébile de quelques pièces... Vous verrez, cela ne vous coûtera pas grand chose pécuniairement mais beaucoup émotionnellement car qu'on lise le Coran ou la Bible, une chose est sûre :  "il faut donner pour recevoir" et un sourire d'enfant n'a pas de prix !

LE THE : "ATAYA"

Le thé est plus qu'une boisson au Sénégal

C'EST UNE CEREMONIE !

   

Sa préparation peut durer assez longtemps et lorsqu'on est invité à boire la première tasse, il faut attendre les deux suivantes !!  En effet, "l'ataya" se boit en trois fois allant du plus fort au plus doux (plus sucré). Il se prépare en groupe, autour du fourneau à charbon, ce qui permet d'entretenir de grandes discussions en attendant que le premier soit servi !

Attention : il faut que ça mousse car plus elle est épaisse, plus le thé est réussi !

LE CAFE TOUBA 

   

Le café touba était surtout très prisé dans la confrérie Mouride et devait être bu, selon elle, en récitant des prières. Aujourd'hui, il est préparé et vendu par des marchands ambulants, et on le trouve depuis peu "tout prêt" en sachet, dans les épiceries.

La spécificité de ce café est qu'il est mélangé avec du "kili" ("diar" en wolof) : épice provenant initialement du Congo et parfois utilisée comme substitut du poivre ; elle est d'ailleurs également appelée "poivre de Guinée", bien que sa saveur se rapprocherait plus du clou de girofle que du poivre.

On attribue souvent au Café Touba des vertues médicinales : il apporterait tonus et soignerait les maux de ventre...

LE TIOURAYE 

"l'encens"

Connu dès l'antiquité par l'emploi qu'on en faisait pour certains rituels religieux, l'encens a toujours symbolisé la paix et la méditation, que ce soit en Inde ou en Afrique.

Au Sénégal, là où il y a une femme, il y a de l'encens...

Fait à base de graines, d'écorses et mélangé à des huiles et épices... les femmes peuvent faire brûler du tiouraye plusieurs fois par jour dans leur maison. Elle le dépose sur des charbons rouges afin qu'il libère ses essences au parfum suave et expansif. Il est souvent brûlé le matin afin d'assainir le lieu de vie ou bien encore pour parfumer les vêtements et le soir... mais pour d'autre raison car il s'agit, à cette heure tardive, d'un appel "amoureux" lancé à sa moitié !

Autant dire que sa préparation est très méthodiquement étudiée et gardée secrète par toutes les femmes sénégalaises.

Vendus sur tous les marchés, dans des pots de confiture ou d'olives recyclés, le tiouraye a des odeurs différentes selon la manière dont il a été préparé mais garde très souvent des notes aromatiques boisées et poivrées. On le trouve en gros ou petits grains, ressemble quelque fois à une pâte... le choix restant une affaire de parfum ! 

Bien sûr, les encens "bâtons" sont également vendus partout mais eux, viennent d'Inde et sont beaucoup moins "glamour" !

LE BIN BIN

    

Qui parle "tiouraye", doit parler "bin bin" (ou bine bine) !

 

Apparat de premier choix pour les femmes : le "bin bin" est un tour de taille fait de perles fines et que l'on appelle "dial dialy" lorsque les perles sont plus grosses.  Il accentue la finesse de la taille et fait "danser les reins". Les femmes en mettent un ou plusieurs selon l'effet désiré, non pas en simple bijou mais comme véritable objet de séduction.

... autant dire qu'il s'agit bien d'une invitation à la "détente" lorsque ceux-ci sont portés ! 

Il parait qu'aucun homme n'y résiste. A voir...

Les perles ont occupé une place capitale dans l'histoire, l'économie et la culture africaine : servant de monnaie ou d'objet de troc, elles étaient aussi un signe distinctif d'appartenance sociale et on leur attribuait bien souvent une valeur de conjuration contre le mauvais oeil. Aujourd'hui, elles servent essentiellement de parure, mais ont gardé cette notion de protection... tout comme le cauris.

LES CAURIS

coquillage

Le cauris est un coquillage provenant de l'océan indien. Servant de monnaie d'échange avant l'époque coloniale, il tient toujours un rôle très important au Sénégal. En effet, le cauris est une parure (vêtements, bijoux, masques ou poupées) mais également un objet essentiel pour la pratique de l'art divinatoire et la confection de talismans.

Lié à de grandes valeurs symboliques en Afrique, comme la fécondité, l'éthique ou le bonheur, le cauris sert à perdire l'avenir (ils sont lancés à terre, sur une natte et leur position les uns par rapport aux autres donne des indications au "jeteur de cauris"). Iest aussi utilisé comme "objet de protection" dans la confection de gris-gris.

LES GRIS-GRIS

Au sénégal, enfants comme adultes, toutes catégories sociales confondues, possédent au moins un "talisman".

Qu'ils soient cachés ou affichés fièrement, le port du gris-gris est ancré dans la tradition lébou, grande richesse culturelle du Sénégal. Appelé "dialawlé" lorsqu'il s'agit de talisman destiné aux nouveaux nés et "ndombo" qui est matérialisé par une ceinture portée par les adultes (voir photos des lutteurs ci-dessus), le gris-gris a pour fonction de protéger contre le mal et d'attirer le bien.  

Confectionnés au départ par les marabouts sous forme d'écrits coraniques, les gris-gris sont ensuite mis en forme par les cordonniers selon des instructions qui doivent être respectées à la lettre, sous peine d'altération de la puissance du talisman : le choix de la peau (les gris-gris sont recouvert d'une peau d'animal bien précise : hyène, chèvre, python, grenouille, mouton... chacune ayant une action bien défini), l'heure à laquelle doit être finalisé le gris-gris (certains doivent être "enveloppés" de cuir dès le couché du soleil) et sa forme (tour du cou, bracelet, ceinture...).

Chaque gris-gris est donc un "objet fétiche" unique et très personnel que l'on doit considérer avec soin, selon les recommandations du Marabout...